Avant, je n’avais pas peur des drones. Mais maintenant, dès que je les entends voler au- dessus de ma tête, je me demande... Serai-je la prochaine à mourir ?

Nabeela, 8 ans, Pakistan

Invisibles et implacables, les drones militaires sont devenus en une dizaine d’années une menace quotidienne pour des milliers de personnes. Arme privilégiée de la « guerre mondiale contre le terrorisme », leur utilisation, par les États-Unis principalement, pose des questions inédites en termes de respect du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire, de recours à la force meurtrière, de protection des civils et de recours pour les victimes.

La question est d’autant plus aigüe que l’utilisation des drones armés dépasse aujourd’hui largement les terrains de conflits « traditionnels », régis par le droit international humanitaire.

Si la société civile conteste parfois les frappes de drones, les États ne les dénoncent que très rarement. Pourtant, à l’heure où un nombre croissant d’États cherchent à se doter de ce type d’arme, le besoin de transparence et de contrôle est impérieux afin de lutter contre l’impunité de pratiques contraires au droit international.

Drone signifie « faux-bourdon » en anglais, une analogie liée à la lenteur et au bourdonnement caractéristique émis par les premiers appareils du genre. Les drones ou UAV (Unmanned Aerial Vehicle), sont des engins volant sans équipage, télécommandés ou programmés, et récupérables. Les drones militaires connaissent un emploi croissant dans les armées du monde entier.